Partager l'article ! Fête des vengeances: La foule était dense ; bien moins que l'an dernier, on l'entendit souvent. Je déambulais entre les stands à saucisse et ...
| Juin 2012 | ||||||||||
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La foule était dense ; bien moins que l'an dernier, on l'entendit souvent. Je déambulais entre les stands à saucisse et les guinguettes des sociétés, les bars et cette masse humaine: partout joie, beuverie, allégresse générale. On frisait la folie, on se couvrait de perruques fluos et d'oreilles de lapin qui clignotent, de gigantesques lunettes aux verres teintés de couleurs chatoyantes.
Les moeurs conventionnelles étaient brisées, nous étions en présence de la "fête", et chacun ainsi festoyait. Le désinhibant avait produit son effet, la meute devenait plus sincère, elle s'exposait enfin dans sa basse et triste réalité. Et les paroles fusaient, tous riaient, se donnaient l'accolade.... Partout du mouvement, de l'ébaudissement, de l'ivresse....
Après quelques instants de ce spectacle, je me suis senti envahi d'un dégoût intense, un rejet profond de mon être face à ce tableau. Certes l'alcool avait permis la mise en exergue de l'homme, mais ce que je voyais témoignait de la profonde médiocrité de ceux de mon époque. Leur folie était fade, bien cadré... ce seul week-end de l'année, ou peut-être encore nouvel an, et puis puis c'est tout. Le seul moment où la ménagère de moins de cinquante ans se lâche, exulte, frise le sublime. En vue de pallier cette crise nécessaire, le système à tout prévu: il vous offre une date, un costume, une façon. Pour exprimer votre misérable petite déglingue, la société vous prodigue des oreilles de lapins qui clignotent! Profitez-en, il y en aura pour tout le monde... de l'extase mis à la portée des caniches.
Les gens qui se saoulent peu ne savent pas se saouler.
"Le degré d'intelligence de cette entité qu'on appelle une foule est inversément proportionnel au nombre d'individus qui la composent."
Ceci étant mis pour rire, et non pour m'attaquer en quoique ce soit, prière de ne pas me détruire, ce serait fâcheux, je risquerais de devoir prendre la parole.
Bref, vois comme il est dur de se départir de toute subjectivité! Je n'ai pu souffrir que l'on dise à tort de l'auteur de ce petit texte qu'il est banal, qu'il cherche à être unique parce que c'est faux et très réducteur.
J'avoue j'ai vu rouge mais maintenant que la tempête est apaisée, que nos égos sont satisfaits d'avoir pu déverser leur verbiage et que l'on sait tous plus ou moins à qui l'on à affaire, le frêle esquif de cette quête de vérités va peut-être pouvoir avancer.
J'aimerais revenir sur un point qui me semble important dans l'analyse des comportements de la "foule". Bien sûr, on ne sera jamais capable d'assez bien nuancer. Les raisons qui poussent telle ou telle personne à se rendre dans ce genre de manifestations promouvant la beuverie générale (oui, et la bouffe chinoise on est d'accord) est infiniment variée.
Cependant, je persiste à croire que d'une manière générale, l'on peut retirer de cette somme d'individu, une conscience globale ou chacun parvient selon certains critères à se reconnaitre en l'autre.
Bien que, et je le répète, les motivations de chaque personne soit plus ou moins différentes, il est néanmoins possible d'en établir une unité ne serait-ce que part leur présence et leur démarche. (ne serait-ce que ce besoin de délirer, de boire, de s’évader)
Une des questions était de se savoir s'il est judicieux ou non d'établir un jugement sur la base de ces seuls critères. Pour moi, qu'il soit totalement pertinent ou non est secondaire, je dirais d'abord que ce jugement est nécessaire pour autant qu'il ne soit pas effectué à la légère. Il nous est en effet indispensable afin d'étudier une société, son comportement, son évolution (en se référant égalment à son histoire ainsi que celles d’autres sociétés) afin de mieux appréhender le futur.
Ne voit on pas à l'ère des divertissements innombrables, du fun et de l'absurde à tire larigot, le retour en force du vieil adage "panem et circences? (le roi de kaamelot corrigera mon latin précaire ;) Ne peut-on pas dès lors déterminer les grandes lignes directrices, les mouvements de l'homme à travers ses actes au quotidien ? Bon nombre de philosophes, sociologues et autres politiciens ne se sont pas gênés de le faire afin d'y voir plus clair, tout en sachant qu'on ne parvient jamais à l'exactitude. Oui, l'exactitude, la volonté de trop vouloir nuancer mène à l'immobilisme.
Imaginons un instant une démocratie qui ne grossirait pas un peu le trait; aucune élection ne serait possible! Si l'on demandait à un peuple non seulement d'aller aux urnes mais d'expliquer la raison de leur votes, puis de séparer les raisons de leur vote dans des catégories jugeant de leur pertinence etc etc etc Le barnum assuré !
Comme l'infiniment petit et l'infiniment grand sont régis par des lois différentes, l'individu et la masse doivent peut-être être étudié différemment.
Allé, peace and love mes frères, j'attends vos commentaires Et pitié, ne soyez pas lapidaires !
Ne vois pas la guerre quand il y a partage intellectuel, ne vois pas mépris quand il y a désaccord. Je n'aime pas qu'on oublie l'homme dans toute sa complexité et je te l'ai fait savoir, un peu abruptement peut-être... J'ai parlé au nom des oubliés. On peut être un poisson dans l'eau et néanmoins dans un bocal. On peut sentir le poids du couvercle en aimant l'écho salvateur de la monnaie et le bruissement moderne d'un billet. Le ciel est le même pour tous. On peut savoir pleurer et ne savoir boire qu'à ces moments perdus où l'appel de la mort se fait plus pesant. Quel estomac n'a jamais été tiraillé par des doutes puissants, mais à jamais informulés ? Croire que l'adéquation parfaite avec le monde soit possible s'origine, je pense, dans une mécompréhension de ce qu'est le monde, parce que ce monde est d'abord d'un silence métaphysique pesant, parce qu'il est inextricablement attaché à l'infinie diversité des hommes et parce qu'il comprend de nombreux systèmes plus ou moins consciemment choisis qui sous-tendent plus ou moins consciemment nos comportements. Que certains se refusent à considérer l'absurdité première, mais dépassable, de toute existence, je ne le nie pas. Qu'il y ait énormément de traits communs entre les hommes, je ne le nie pas. Que certains empruntent inconsciemment un chemin parallèle aux tendances parfois vicieuses de la société, encore une fois, je ne le nie pas. Mais cela ne fera jamais du monde une mare dans laquelle la plupart barbotent tranquillement. La chance de pouvoir crier son désarroi ne doit pas taxer ceux qui peuvent seulement le ressentir dans le sel de leurs larmes. La souffrance n'est pas l'apanage de ceux qui ont la force de la vivre sans compromis. Si tu as l'impression que je ne comprends pas ta souffrance, pense que la ménagère, en lisant ton texte, ressentira peut-être la même incompréhension.
J'ai dit que la foule était un mot vide, parce qu'il soustrait forcément tout ce qui compte en l'homme et qu'il conserve tout ce qu'il a de vil. C'est un mot dangereux; il est dépouillé de ce qui fait de l'homme un être digne de respect. Je peux comprendre que toute la bassesse humaine incarnée dans la foule soit un mur bien trop concret pour toi, mais cette concrétude est biaisée. Et si ton isolement est irréductible, le sentiment de différence n'empêche malgré tout pas le respect. En somme, j'ai condamné ce qui rend ta souffrance fielleuse, mais non pas méprisable. Certes, à réécrire mon premier commentaire, j'atténuerais la cinglante sentence de fin qui, je l'admets, est un peu méchante, mais pas tellement plus que ta description...
À toi, contempteur second, (tu noteras que la réponse à Antholan avait été rédigée avant que tu n'interviennes: preuve en est de la différence de ton !)
Bien. Tu parles de banalité. Tu commences par la fin, soit. Mais avant tout, tu remarqueras que ma sentence finale ne s'inscrit pas dans une continuité immédiate du commentaire. Pour faire simple, elle n'en découle pas. Elle n'est pas une conclusion, mais une pique spéculaire à la sentence de fin du texte commenté. Tu as donc tort en disant que je cherche partout la banalité. Je ne voue pas non plus mon intelligence à des carcans préfabriqués, j'ai condamné ce que j'estimais une réduction grave. Le texte commenté ne cherche pas tant à se démarquer « d'une CERTAINE norme », puisqu'il pose le sujet en opposition totale avec un système unilatéral et vicieux, avec l'unicité terrible et médiocre de la foule entière. C'est affligeant qu'on ne puisse pas reprocher la généralisation, même lyrique, sans se faire accuser de promoteur des cadres tout fait, de complice du relativisme. Si je suis relativiste, alors, au moins, vous êtes réducteurs. Qui, d'ailleurs, a dit que j'étais un partisan du « tout accepter » ? Entre tout accepter et tout critiquer, il y a d'indéfinies possibilités de nuances. Le fait que j'aie pris, ici, le parti de l'homme « d'un système » n'implique pas que je le défende à toute occasion. Ce qu'il ressort ici, c'est la fausseté de tes inférences. J'ai opposé, à une description généralisante de la foule, une description particularisante de l'homme. Le fond de mon commentaire, tu le néglige et tu pars sur tes gros chevaux.
Ton commentaire m'a vexé, c'est sans doute pour cela que je t'ai répondu ainsi. J'éprouve des difficultés à partager ce que j'écris et voilà que tu me remballes... et, qui plus est, dans un prose parfaite... Alors je me suis braqué...
Tes commentaires sont très pertinents et je partage ton avis, dans les grande lignes du moins. Mon ton fielleux était un parti pris, je suis bien conscient de la subjectivité de celui-ci. Tu as raisons, ma généralisation était facile et fallacieuse, mais souffre ce petit raccourci. Evidemment, la raison qui peut pousser Paul à porter des oreilles de lapins n'est sans doute pas celle de Pierre. Ce que je souhaitais critiquer avant tout, c'était la folie organisée, une folie qui se juge comme telle, mais qui n'en est pas une.
Tu parles du constat de l'absurdité comme d'une hébétude dépassable, en cela je ne suis pas d'accord. Celui qui a réellement ressentit le silence ultime au fond de ces tripes ne peut, je le crois, jamais vraiment le dépasser. Les bienheureux, qui parviennent à en faire fi, ne l'on ressentit que par l'esprit, pas par le coeur et le foie. Bien évidemment, il faut quand même vivre, malgré cet déchirure originelle : vivre avec ne signifie pas la dépasser.
Quand j'ai parlé de masse, je souhaitais marqué une distance entre l'être qui souffre et le monde qui s'amuse. Si j'ai craché sur la meute, c'est que j'avais, avant tout, besoin de vider mon fiel... Je respecte par trop l'homme pour le vomir, en touchant la foule, je ne touchais personne (et de même pour la ménagère de moins de cinquante ans, terme commerciale, qui ne renvoie presque à rien non plus, comme tu l'as si bien souligné). La foule permettait justement cette opposition, purement subjective, psychologique, entre moi et eux. Ne crois pas cependant que je n'ai jamais porté d'oreilles de lapin qui clignotent... Je suis homme, moi aussi, je suis membre de cette foule que je méprise, j'en suis bien conscient.
Mon ton était donc partial, il se voulait l'expression d'un ressenti particulier. Il ne faut pas généraliser ma généralisation: N'infère pas de mon propos ma haine de l'homme, je suis profondément humaniste. Si, dans mes quelques lignes, j'ai négligé la complexité de l'homme, c'était uniquement sur le coup d'une émotion vive, évidemment irrationnel.
Je te remercie sincèrement d'avoir pris le temps d'écrire ces commentaires.
J adore cette fougue contemptrice, cette force qui se propage lorsque l on se veut l exegete des lieux communs. Je trouve neanmoins cette diatribe completement deplacee.
Il y a plus meprisable encore que la soi¯disant banalite, il y a ceux qui partout, cherchent a la detecter. Ceux qui de peur de voir leur petit chemin tout trace se derouler sous leurs pieds, preferent encore vouer leur intelligence a se contenir dans les affligeants carcans prefabriques. Oui, pourquoi se torturer a vouloir epouser toutes les conditions qui ne sont pas la notre ?
Cioran disait: "S'il tient à préserver une quelconque dignité spirituelle, l'homme doit négliger son statut de contemporain" Elitisme ? Condescendance ? Peut etre bien apres tout mais mieux vaut oser affirmer ses idees et affermir ses pensees plutot que de rester dans un marecageux relativisme ou tout se vaut et ou plus rien ne peux etre critiqué (je viens de trouvé l accent aigu)
Ce texte est donc taxé de banal sous le seul pretexte qu il cherche a se démarquer d une certaine norme, non seulement banale mais aussi pathétique.
Au dela de ce constat aussi fort bien torché que superficiel, je percois une réelle tentative de lucidité qui laisse apparaitre la vanité de la machinerie a laquelle nous sommes longés au quotidien. Il s agit ici de nous faire sortir la tete hors de ce bourbier infecond qui fait de nous des etres bien trop souvent laxistes, complices et pret a toutes les bassesses pour nous preserver d une remise en question sur l insipidité de nos existences. L idée des coups de folies prémédités en est un exemple flagrant.
Bref, si la verve véhémente du contempteur n est pas a dénigrer, il n en reste pas moins que son attaque dévoile sa médiocrité.
Et on applaudit quand on m'attaque? Non mais!
À force de se croire différent, on devient terriblement banal.
Mon article n'était certes pas tendre, mais ton commentaire est méchant... Je l'ai peut-être mérité...
J'ai juste voulu partager un instant, un désarroi, mon impression de ne pas être en adéquation avec mon milieu... je voulais simplement montrer que les autres sont parfaitement adaptés à ce monde, qu'ils y sont comme des poissons dans l'eau, et que moi, non... Bien sûr, je préférerais moi aussi vivre comme eux - à nouveau je me crois différent - mais je ne le peux pas. Comprends donc mon aigreur face à ce monde, face à cette société, face à cette meute, qui pour moi ne fait qu'un bloc bien trop concret, et tout sauf vide.
Mon sentiment intime et ma souffrance, apparemment, tu les méprises: Très bien, mépris pour mépris.
Merci pour ton com Antholan mentaire.