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Littérature

Lundi 18 mai 2009

La vieille madone.

 

La vieille madone a cent cinq ans.

Une deuxième vie aux cheveux blancs.

Elle dit qu’au fond, on ne change pas,

Elle ne sait plus qu’elle s’en ira.

 

La vieille madone n’a plus d’aigreur,

N’a plus d’orgueil ni de malheur.

Ni les secondes, ni les années,

Ne voient en elle une durée.

 

Plus rien à craindre, sa liberté,

Loin du futur est retrouvée.

Elle se souvient des jours passés

 

Dans ses torpeurs, douces, éthérées.

Vingt-ans dit-on, c’est une douce heure !

Oh mais très loin de son bonheur…

 

 

Par Antholan
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Mardi 22 avril 2008

 


Rares sont les écrivains qui possèdent un style bien à eux. Souvent, il est difficile de distinguer certaines plumes à d’autres. Céline est une plume rare, unique, géniale, qui donne à son lecteur de grands frissons tant ces mots percutent et résonnent dans nos têtes.

Malgré une fin de carrière peu glorieuse due a ses opinions antisémites, rien ne saurait égaler la noirceur et la beauté de son grand chef-d’œuvre ; Le Voyage au bout de la nuit.

C’est une odyssée dans les profondeurs de l’homme face à la misère du quotidien de la première guerre et des pitoyables jours de son après.

Dans ce lourd pavé qui prend aux tripes, on arrive un peu mieux à concevoir le nihilisme.

Pour vous, quelques citations.

 

[ Louis-Ferdinand Céline ] - Extraits du Voyage au bout de la nuit

 

L'amour c'est comme l'alcool, plus on est impuissant et saoûl et plus on se croit fort et malin, et sûr de ses droits.»

«Ce monde n'est qu'une immense entreprise à se foutre du monde.»

«Etre seul, c’est s’entraîner à la mort.»

 «La merde a de l'avenir. Vous verrez qu'un jour on en fera des discours.»

«On est puceau de l’horreur comme on l’est de la volupté.»

 «La plupart des gens ne meurent qu'au dernier moment ; d'autres commencent et s'y prennent vingt ans d'avance et parfois davantage.»

«La beauté, c'est comme l'alcool ou le confort, on s'y habitue, on n'y fait plus attention.»

«
C'est peut-être cela qu'on cherche à travers la vie, rien que cela, le plus grand chagrin possible pour devenir soi-même avant de mourir.»

«Presque tous les désirs du pauvre sont punis de prison.


«Il faut choisir, mourir ou mentir.»


«Il n'y a de terrible en nous que ce qui n'a pas encore été dit.»


«
Le ventre des femmes recèle toujours un enfant ou une maladie.»


 
«La conscience n'est dans le chaos du monde qu'une petite lumière, précieuse mais fragile.»

 
«Faire confiance aux hommes, c’est déjà se faire tuer un peu.»


 
«
Sachez avoir tort. Le monde est rempli de gens qui ont raison. C'est pour cela qu'il écœure.»


Quand on a pas d'imagination, mourir c'est peu de choses, quand on en a, mourir c'est trop.»

 www.evene.com

Par Antholan
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Dimanche 20 avril 2008

C'est toujours ainsi: depuis l'instant où il la revoit jusqu'à l'instant où il le reconnait tel qu'il l'aime, il a un chemin à parcourir.


Non, ce dont elle a besoin, ce n'est pas d'un regard d'amour, mais de l'inondations des regards inconnus, grossiers, concupiscents et qui se posent sur elle sans sympathie, sans choix, sans tendresse ni politesse, fatalement, inévitablement. Ces regards la maintiennent dans la communauté des humain. Le regard de l'amour l'en arrache.

Gérer un silence exposé aux autres n'est pas chose facile.

Kundera, L'Identité
Par Antholan
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Mardi 15 avril 2008


Maximes de La Rochefoucault

«
Le trop grand empressement qu'on a de s'acquitter d'une obligation est une espèce d'ingratitude.
»

«Nous gagnerions plus de nous laisser voir tels que nous sommes, que d'essayer de paraître ce que nous ne sommes pas.
»

«Il n’y a point d’éloges qu’on ne donne à la prudence. Cependant elle ne saurait nous assurer du moindre événement.
»

«Nous aurions souvent honte de nos plus belles actions, si le monde voyait tous les motifs qui les produisent.
»

«On croit quelquefois haïr la flatterie, mais on ne hait que la manière de flatter.
»

«Ce qui nous rend la vanité des autres insupportable, c'est qu'elle blesse la nôtre.
»


www.artskills.net/.../uploads/sylviaji_02.jpg

Pensées de Blaise Pascal

A mesure qu'on a plus d'esprit, on trouve qu'il y a plus d'hommes originaux. Les gens du commun ne trouvent pas de différence entre les hommes.

Il faut se connaître soi-même: quand cela ne servirait pas à trouver le vrai, cela au moins sert à régler sa vie, et il n'y a rien de plus juste.

La vanité est si ancrée dans le coeur de l'homme qu'un soldat, un goujat, un cuisinier, un crocheteur se vante et veut avoir ses admirateurs; et les philosophes mêmes en veulent; et ceux qui écrivent contre veulent avoir la gloire d'avoir bien écrit; et ceux qui les lisent veulent avoir la gloire de les avoir lus; et moi qui écris ceci, ai peut-être cette envie; et peut-être que ceux qui le liront...

L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature; mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'écraser: une vapeur, une goutte d'eau, suffit pour le tuer. Mais quand l'univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, puisqu'il sait qu'il meurt, et l'avantage que l'univers a sur lui; l'univers n'en sait rien.

www.aelinel.com/sp_crepuscule.jpg


Les Caractères de La Bruyère

La libéralité consiste moins à donner beaucoup qu'à donner à propos.

S'il est ordinaire d'être vivement touché des choses rares, pourquoi le sommes-nous si peu de la vertu?

 

Une femme coquette ne se rend point sur la passion de plaire, et sur l'opinion qu'elle a de sa beauté: elle regarde le temps et les années comme quelque chose seulement qui ride et qui enlaidit les autres femmes; elle oublie du moins que l'âge est écrit sur le visage. La même parure qui a autrefois embelli sa jeunesse, défigure enfin sa personne, éclaire les défauts de sa vieillesse. La mignardise et l'affectation l'accompagnent dans la douleur et dans la fièvre: elle meurt parée et en rubans de couleur.

Les femmes sont extrêmes: elles sont meilleures ou pires que les hommes.

Par Antholan
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Mardi 15 avril 2008

« Ils s’étaient créé un enfer, mutuellement, même  s’ils s’aimaient. C’était vrai qu’ils s’aimaient, et c’était la preuve que la faute ne venait pas d’eux-mêmes, de leur comportement ou de leur sentiment labile, mais bien de leur incompatibilité parce qu’il était fort et qu’elle était faible.

Mais c’est justement le faible qui devait savoir être fort et partir quand le fort était trop faible pour pouvoir blesser le faible. »

Dans son ouvrage « L’insoutenable légèreté de l’être », Kundera nous propose un questionnement philosophique, celui de l’éternel recommencement (cf. Les stoïciens) : Ne vivons nous notre vie qu’une seule fois ou au contraire une infinité ? Il énonce une deuxième interrogation qu’il faut distinguer de la première : Sommes-nous déterminer ou sommes-nous libres et tributaire du hasard ?

L’extrait ci-dessus illustre parfaitement la seconde problématique. En effet, il nous est dit que l’amour nécessite forcement un rapport de force, mais que celui-ci mène inéluctablement à la douleur pour les amants. Lorsque le rapport de force disparait, le couple doit nécessairement se scinder : l’amour peut persister mais la rupture est nécessaire.

L’amour est donc marqué du sceau de la fatalité, mais cela n’exclu pas pour autant la liberté personnelle et ainsi une échappatoire au tout-déterminé : Le faible peut décider de partir quand le fort n’est plus assez fort, tout comme il peut choisir de continuer son calvaire.

Je me permettrais donc de réécrire l’incipit de ce passage :

« Ils s’étaient créé un enfer, mutuellement, justement parce qu’ils s’aimaient. »

(L’Insoutenable légèreté de l’être, Milan Kundera, Folio, 2007, p.117)

Par Antholan
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Mardi 15 avril 2008

La lune s'attristait. Des séraphins en pleurs
Rêvant, l'archet aux doigts, dans le calme des fleurs
Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
De blancs sanglots glissant sur l'azur des corolles.
C'était le jour béni de ton premier baiser.
Ma songerie aimant à me martyriser
S'enivrait savamment du parfum de tristesse
Que même sans regret et sans déboire laisse
La cueillaison d'un Rêve au coeur qui l'a cueilli.
J'errais donc, l'oeil rivé sur le pavé vieilli
Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
Et dans le soir, tu m'es en riant apparue
Et j'ai cru voir la fée au chapeau de clarté
Qui jadis sur mes beaux sommeils d'enfant gaté
Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
Neiger de blancs bouquets d'étoiles parfumées.

Stéphane Mallarmée

Par Antholan
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Mercredi 9 avril 2008
Sensation
Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien,
Mais l'amour infini me montera dans l'âme ;
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, heureux- comme avec une femme.


Arthur RIMBAUD




Par Antholan
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Samedi 29 mars 2008

Extraits de "L'Immoraliste" d'André Gide:

"Toute sensibilité très vive peut, suivant que l'organisme est robuste ou débile, devenir, je le crois, cause de délice ou de gêne. Tout ce qui me troublait naguère m'est devenu délicieux."

"J'arrivais vite à comprendre que les choses réputées les pires (le mensonge, pour ne citer que celle-là) ne sont difficiles à faire que tant que l'on ne les a jamais faites; mais qu'elle deviennent chacunes, et très vite, aisées, plaisantes, douces à refaire et bientôt comme naturelles."

"Notre bonheur, durant cette fin de voyage, fut si égale, si calme, que je n'en peux rien raconter. Les plus belles oeuvres des hommes sont obstinément les plus douloureuses. Que serait le récit du bonheur? Rien, que ce qui le prépare, puis se qui le détruit ne se raconte."

"On ne peut à la fois être sincère et le paraître."

"Et quand le soir, maintenant, je repasse toutes ces occupations du jour, je sens ma journée si vaine et elle me paraît si vide, que je voudrais la ressaisir au vol, la recommencer, heure après heures et que je suis triste a pleurer."

Par Antholan
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Vendredi 28 mars 2008


Lettre de George Sand à Alfred de Musset.

 

Cher ami,

Je suis toute émue de vous dire que j'ai
bien compris l'autre jour que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir ainsi
vous dévoiler, sans artifice, mon âme
toute nue, daignez me faire visite,
nous causerons et en amis franchement
je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l'affection
la plus profonde, comme la plus étroite
amitié, en un mot : la meilleure épouse
dont vous puissiez rêver. Puisque votre
âme est libre, pensez que l'abandon où je
vis est bien long, bien dur et souvent bien
insupportable. Mon chagrin est trop
gros. Accourez bien vite et venez me le
faire oublier. À vous je veux me sou-
mettre entièrement.

Votre poupée



La correspondance continuait ainsi :  

Quand je mets à vos pieds un éternel hommage,
Voulez-vous qu'un instant je change de visage ?
Vous avez capturé les sentiments d'un coeur
Que pour vous adorer forma le créateur.
Je vous chéris, amour, et ma plume en délire
Couche sur le papier ce que je n'ose dire.
Avec soin de mes vers lisez les premiers mots,
Vous saurez quel remède apporter à mes maux.

Alfred de Musset


Cette insigne faveur que votre coeur réclame
Nuit à ma renommée et répugne à mon âme.
George Sand

http://www.apprendre-en-ligne.net/crypto/stegano/lettres.html


Cherchez, vous trouverez... C'est presque comme s'il fallait lire entre les lignes.
Par Antholan
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